
Louis-Claude Guillou, né le 12 juillet 1947 à Henvic, dans le Finistère et décédé le 1 décembre 2024 à 77 ans. Il a été un ingénieur en télécommunications et chercheur français reconnu pour ses contributions majeures en cryptographie. Diplômé de l'École Centrale Paris en 1970, il obtient en 1973 un doctorat en électronique appliquée aux télécommunications de l'Université de Rennes, suivi en 1974 d'un Diplôme Supérieur d'Études Celtiques de la même université. Au sein du Centre Commun d'Études de Télécommunication et de Télévision à Rennes, il occupe successivement les postes d'ingénieur (1973-1978), chef de laboratoire (1979-1988) et conseiller du directeur à Cesson-Sévigné (1988-1998). Il devient ensuite expert émérite chez France Télécom Recherche et Développement. Parmi ses réalisations notables figurent l'invention de l'accès conditionnel appliqué au télétexte diffusé, la conception de systèmes cryptographiques pour les cartes bancaires à puce, ainsi que le développement des protocoles d'authentification et de signature à divulgation nulle de connaissance, connus sous les noms de GQ et GQ2.
Livre d'Or
Le colonel André Cattieuw est né 28 février 1936 et décédé le 1er juillet 2026. Il est mort dans sa quatre-vingt-onzième année au terme d’une vie consacrée à la science, aux mathématiques et bien entendu à la cryptologie, ainsi qu’à la sécurité des systèmes d’information à travers ses différentes fonctions d’officier mécanicien de l’Armée de l’Air, d’adjoint au général André Muller, chef du Service Central du Chiffre et de la Sécurité des Télécommunications (ancêtre de l’ANSSI) dont il a favorisé l’évolution et dont il a pris la tête en 1976. Il a été l’un des artisans du développement du chiffre moderne à partir de la fin des années soixante faisant oublier les déboires de la seconde guerre mondiale. Il a participé à la création de la Délégation interministérielle à la sécurité des systèmes d’information (DISSI), organe politique supervisant le SCSSI, jusqu’à la dissolution de cette dernière au profit du SGDN en 1996. C’était un homme particulièrement attachant, d’une rigueur scientifique indéfectible, d’une bienveillance sans pareil. C’est lui qui eut à traiter le premier problème de compromission par interception des signaux parasites compromettants observés à l’ambassade de France à Moscou et qui en informa nos grands Alliés. Cette affaire déboucha sur l’arrestation de grands espions du pacte de Varsovie. Il participa à l’évaluation du premier cryptographe électronique français Myosotis qui, vainqueur de la compétition franco française entre les trois armées, fut approuvé par le comité militaire de l’OTAN pour traiter les informations de niveau SECRET OTAN. Ayant eu à travailler avec maintes autorités sous différents régimes politiques, il lui arrivait de livrer son jugement sur celles-ci sans complaisance ni amertume. Son sens du devoir l’a parfois conduit au bord de la sanction lorsqu’il voulut alerter le gouvernement sur les indiscrétions dont se rendaient coupables certains de nos ministres lorsque apparurent les premières technologies de l’information modernes telles que le radio téléphone qui leur permettait de rendre compte en clair depuis leur véhicule d’un conseil du mercredi en sortant de l’Elysée… André Cattieuw gratifia l’ARCSI de nombreuses réflexions de haut niveau sur l’histoire et l’évolution de la cryptologie française et nos bulletins témoignent de la trace qu’il a laissée. Tous ceux qui ont connu André Cattieuw garderont le souvenir d’un homme intègre, conscient de ses responsabilités, d’un commerce particulièrement agréable et qui malgré le peu de reconnaissance qu’il en a reçu a toujours servi notre pays avec abnégation en toutes circonstances.
Livre d'Or